OVNIPAN : La Réunion qui a tout changé
En Janvier 1953, cinq scientifiques décident de mettre le sujet des OVNI sous clef. Ce sera l’une des campagnes de désinformation les plus efficaces de l’ère moderne.

Nous sommes au début des années 1950, au lendemain de la 2ème guerre mondiale. Pour les Etats-Unis, la menace nazie a laissé place à la menace soviétique, en particulier depuis que les américains ont appris avec horreur que les russes ont eux aussi réussi à fabriquer la bombe atomique, 4 ans après Hiroshima. Aucune idée n’est donc interdite lorsqu’il s’agit de protéger le pays des attaques extérieures - la fameuse sécurité nationale. Pour les américains, la cohésion du peuple et donc, une bonne gestion de l’opinion publique, est absolument indispensable, quitte à manipuler. Par exemple, le gouvernement n’hésite pas à montrer dans les écoles, des films éducatifs très optimistes présentant les consignes à suivre en cas d’attaque atomique. [extrait en fond] On y voit des écoliers, sur une musique guillerette, se placer calmement sous leur table, avec ce fameux slogan: “Duck, and cover”! Comprenez: “mettez-vous au sol, et couvrez-vous la tête.”
Mais il n’y a pas que la menace atomique qui vient perturber la tranquillité américaine: depuis 1947, un autre sujet occupe les esprits: l’apparition d’objets volants dont on ne connaît pas l’origine. Des centaines de personnes avertissent les autorités; on rapporte d’étranges objets métalliques, de diverses formes, souvent circulaires; il y a ce cas devenu très célèbre du pilote d’avion Kenneth Arnold, qui déclare apercevoir, le 24 juin, un escadron d’objets en forme de sabot de cheval, qu’un journaliste surnommera “soucoupe volante”, déformant au passage les propos du pilote, qui avait utilisé l’image d’une “soucoupe” rebondissant sur l’eau pour décrire le mouvement de l’objet dans l’air et non sa forme. Deux semaines plus tard, le 8 juillet, l’armée déclare, dans le journal de Roswell “avoir récupéré un disque volant” - c’est le fameux cas du crash de Roswell, qui mériterait, évidemment, son propre épisode. Quoi qu’il en soit, à la fin des années 40, le phénomène ovni est pris au sérieux, et occupe une place importante sur la scène publique. Il fait même l’objet, dès 1947, d’une étude scientifique tout à fait sérieuse de la part de l’Armée de l’Air: le projet SIGN (signe, en français).
Mais c’est L’année 1952 est la plus riche en observation d’Ovni, avec pas moins de 1500 observations signalées auprès des autorités américaines, avec en point culminant, le survol de la capitale, Washington, par d’étranges objets, observés par des témoins au sol, et mesurés par les radars à des vitesses impossibles. Des avions de chasse sont dépêchés sur place pour les rattraper… Sans succès.
Et ça ne s’arrête pas là, puisque les objets refont leur apparition le week-end suivant encore au-dessus du capitole, l’équivalent de notre Assemblée Nationale, et même au-dessus de la Maison Blanche ! L’armée de l’air convoque une conférence de presse en catastrophe. Le général Samford prend la parole, et déclare, le regard droit, et d’un calme olympien qui force le respect :
“Nous n’avons pour le moment qu’une seule conclusion: les phénomènes observés ne constituent aucune menace pour les Etats-Unis.”
Malgré cette performance d’un soporifisme rassurant, une partie de la presse ne lâche pas l’affaire, et les ovnis continuent d’occuper l’esprit des américains. C’en est trop! La situation est intenable pour le gouvernement, qui doit coûte que coûte reprendre le contrôle de sa population. Au mois de décembre 1952, le chef du renseignement américain demande la tenue d’une réunion d’experts scientifiques, afin de réexaminer et d’évaluer scientifiquement les preuves disponibles sur les OVNIs, afin d’apprécier les implications pour la sécurité nationale.
Mission: sécurité nationale
La réunion Robertson, c’est ainsi qu’on la désigne aujourd’hui, se tient donc, un mois plus tard, dans le plus grand secret, du 14 au 18 janvier 1953. Le panel invité est présidé par le physicien et consultant pour le gouvernement Howard Robertson, qui s’entoure de 4 scientifiques, dont un géophysicien, de la NACA, ancêtre de la NASA, mais aussi un Astrophysicien, un spécialiste du nucléaire, et expert en radar. Au cours de ces quatre journées, on invite des intervenants extérieurs à venir s’exprimer, principalement venant de L’Armée de l’Air. Par exemple, le capitaine Ruppelt, qui dirige pour le compte de l’armée de l’air le tout jeune projet Blue Book, qui a pris la suite des projets SIGN et GRUDGE. Mais aussi, le Dr Hynek, astronome, lui aussi du projet Blue Book.
Le groupe d’experts de Robertson se met donc au travail.
Le panel commence par visionner deux films amateurs montrant des objets lumineux. Cette séquence va laisser un souvenir fort au Dr Hynek, invité ce jour-là.
Lors d’une apparition, 20 ans plus tard, dans le documentaire “UFOs, Past and Present”, le Dr Hynek raconte :
Le second film avait déjà fait l’objet d’analyses très poussées par la Marine, qui avait déterminé que les objets apparaissant dans le film ne pouvaient être des oiseaux ni des avions, mais bel et bien des objets non identifiés, émettant de la lumière. Malgré cela, le panel a rejeté ces conclusions, considérant que les objets ne pouvaient pas être non identifiés; par conséquent, il devait forcément s’agir d’oiseaux. Je suis ressorti de cette réunion avec le sentiment que le panel avait décidé de discréditer le sujet, et non de lui accorder l’attention scientifique qu’il méritait.
Voilà un consultant de l’armée de l’air, travaillant depuis des années au sein des programmes d’enquête successifs, invité à donner son expertise, face à un panel qui semble déjà s’être fait son opinion…
Le 2ème jour, c’est au tour du capitaine Ruppelt, le chef de Blue Book, de faire sa présentation. Pour lui, une enquête approfondie sur ces phénomènes est parfaitement justifiée. Il détaille ainsi sa méthodologie. Mais là encore, le panel jette un froid. Après avoir poliment laissé parler le capitaine Ruppelt des quelque 700 cas d’observation non résolus, les experts soulignent l’absence de preuves physiques; et puis, le système de reporting de l’Air Force est trop ouvert au public; les services de l’armée de l’air pourraient se voir débordés. En outre, si certains cas restent inexpliqués, c’est probablement à cause d’un manque de données.
Au 3ème jour, la Marine est également conviée, aux côtés de l’armée de l’air, pour évoquer ces fameux survols de Washington, survenus l’été précédent. Les intervenants font leurs présentations; sont évoqués les témoignages visuels, et les échos radar; mais… Le panel considère que les échos radar, qui rapportaient la présence d’objets aux trajectoires et aux vitesses invraisemblable, sont en fait des interférences, provoquées par des inversions de température - contredisant au passage les opérateurs radars, pour lesquels ces échos étaient tout à fait authentiques. Une fois de plus, les intervenants de l’armée sont en droit de se demander s’ils ne sont pas là pour faire de la figuration.
Ce qui est bien réel en revanche, pour le panel, c’est le risque d’hystérie de masse, dont l’URSS pourrait vouloir se servir afin de déstabiliser la nation américaine.
Le panel formule alors, en ce vendredi 16 janvier 1953, le besoin d’un programme de démystification (debunking en anglais), via une campagne d’éducation du public, avec l’aide des médias, et aussi, la surveillance des groupes ufologiques civils, tels que le NICAP. La raison: “une influence potentiellement considérable de ces groupes sur l’opinion publique… une irresponsabilité apparente, et leur utilisation éventuelle à des fins subversives.”

Le mémo Durant, qui relate les échanges du Panel à destination de ses supérieurs de la CIA, rapporte les conclusions des experts en ces termes.
L’objectif de « démystification » aurait pour effet de réduire l’intérêt du public pour les « soucoupes volantes », qui suscitent aujourd’hui une forte réaction psychologique. Cette sensibilisation pourrait être menée par les médias de masse tels que la télévision, le cinéma et les articles grand public. Elle s’appuierait sur des cas réels qui, après avoir été source d’étonnement au départ, ont ensuite trouvé une explication. Comme dans le cas des tours de magie, l’intérêt est bien moindre si le « secret » est connu. Un tel programme devrait tendre à réduire la crédulité actuelle du public et, par conséquent, sa vulnérabilité face à une propagande hostile bien ficelée. Le panel d’experts a noté que l’absence générale de propagande russe sur un sujet offrant tant de possibilités évidentes d’exploitation pourrait indiquer une éventuelle politique officielle russe.
Les membres du comité ont formulé diverses suggestions concernant la conception d’un tel programme éducatif. Il a été jugé indispensable que des psychologues spécialisés en psychologie des foules donnent leur avis sur la nature et l’étendue du programme. À cet égard, le nom du Dr Hadley Cantril (Université de Princeton) a été proposé. Cantril est l’auteur de « Invasion from Mars » (une étude sur la psychologie de la panique, écrite à propos de la célèbre émission radiophonique d’Orson Welles en 1938) et a depuis mené des études de laboratoire avancées dans le domaine de la perception (...) De plus, une personne familiarisée avec les techniques de communication de masse, peut-être un expert en publicité, serait utile. Arthur Godfrey a été cité comme un canal de communication potentiellement précieux pour atteindre un large public de certains niveaux.
Le Dr Berkner a proposé le Centre des dispositifs spéciaux de la Marine américaine (ONR), comme organisme susceptible d’apporter une aide précieuse à un tel programme éducatif. Les techniques pédagogiques utilisées par cet organisme pour l’identification des aéronefs pendant la dernière guerre ont été citées comme exemple d’une mission éducative similaire. La société Jam Handy Co., qui a produit des films de formation pendant la Seconde Guerre mondiale, a également été suggérée, tout comme les dessins animés de Walt Disney, Inc. Le Dr Hynek a suggéré que les astronomes amateurs aux États-Unis pourraient constituer une source potentielle de talents enthousiastes « pour diffuser la bonne parole ». On estimait que les clubs d’affaires, les lycées, les universités et les chaînes de télévision seraient tous ravis de coopérer à la diffusion de films documentaires s’ils étaient préparés de manière intéressante. L’utilisation de cas réels présentant d’abord le « mystère » puis « l’explication » serait particulièrement percutante.
Douche froide pour les enquêteurs
Pour le capitaine Ruppelt, qui essaie de percer le mystère des ovnis depuis des mois, la douche est froide, et la pilule, bien difficile à avaler. Le capitaine Ruppelt démissionnera du projet Blue Book quelques mois plus tard, après avoir constaté avec amertume la réduction brutale de ses effectifs, décidée dans son dos pendant un de ses congés. Le Dr Hynek, quant à lui, a bien voulu jouer le jeu, pendant un temps, mais finira par changer de camp, et reconnaîtra publiquement le caractère biaisé de l’approche gouvernementale. Peut-être cette parodie de réunion de travail a-t-elle joué un rôle dans son revirement. En tout cas, il portera un jugement sans appel sur les actions du Panel Robertson, déclarant, des années plus tard: « Le panel a rendu le sujet scientifiquement intouchable pendant vingt ans. ».
Effectivement, après que le Panel a rendu ses conclusions, les choses ne traînent pas. Dès les mois suivants, l’US Air Force durcit ses procédures : ses pilotes doivent rapporter immédiatement tout OVNI via des canaux internes précis, et seul le QG de l’armée de l’air peut communiquer sur la question. Enfin, communiquer… c’est un bien grand mot, puisque seuls les cas déjà expliqués peuvent être évoqués; les cas non expliqués, quant à eux, doivent rester secrets ou être minimisés. Les pilotes qui avaient encore dans l’idée d’aller voir la presse voient leur envie définitivement disparaître en 1954. En effet, cette année-là, l’Armée révise son règlement ; dorénavant, toute transmission ou divulgation non autorisée est passible de 10 ans de prison. Reflet de cette nouvelle politique, le Project Blue Book, qui comptait encore environ 20 % de cas non résolus en 1953, voit ce taux chuter drastiquement dans les années suivantes, passant sous les 2 %.

La campagne d’éducation et de démystification suggérée est appliquée de manière indirecte, via des articles de presse, des conférences officielles et, plus tard, le rapport Condon de 1969, qui concluera que l’étude des OVNI n’a aucun intérêt scientifique, et servira de justification à la dissolution du projet Blue Book. Quant à la surveillance des groupes ufologiques civils comme le NICAP, elle a bien eu lieu, les documents déclassifiés montrent que la CIA et le FBI ont suivi de près ces organisations dès les années 1950, contribuant à les fragiliser et à les diviser. En quelques années, les objectifs du panel sont atteints: les OVNIs ont perdu leur aura de mystère, le sujet est devenu marginal, scientifiquement tabou et souvent ridiculisé dans les médias.
On le voit, cette campagne de manipulation de l’opinion a mobilisé de nombreuses volontés. Mais en réalité, en coulisse, une seule organisation tire véritablement les ficelles. Un marionnettiste dont on trouve la marque dans nombre de projets funestes de l’histoire des USA, et de la géopolitique du 20ème siècle: c’est organisation, c’est l’Agence du Renseignement Central; la CIA.
Pantins et marionnettistes
Le compte-rendu des réunions Robertson donne l’impression d’une rencontre entre deux entités qui ne parlent pas la même langue, et qui ne sont pas là pour les mêmes raisons.
D’un côté, le panel d’experts scientifiques, et de l’autre, les intervenants extérieurs de l’armée de l’air, comme le Dr Hynek ou le Capitaine Ruppelt. Les deux hommes sont venus rendre compte de leur enquête sur les ovnis. Mais face à leur exposé, le panel semble vouloir faire l’autruche ! Comme si le panel était ici… non pas pour écouter les intervenants, mais pour faire passer un message à l’Armée de l’Air. Ce message: la décision a déjà été prise: les OVNI doivent être éloignés des projecteurs.
Ainsi donc, 5 hommes - des civils, de surcroît - vont parvenir à infléchir la politique de l’Armée? En à peine 4 jours, et avec quelques jugements à l’emporte-pièce ? On imagine le charisme de ces 5 scientifiques, qui ont réussi avec tant d’autorité à recadrer les militaires. Chapeau.
Evidemment, ce n’est pas tout à fait comme ça que ça s’est passé. Le panel Robertson est ici sur les ordres de la CIA. Et à travers leurs conclusions, c’est bien sûr la volonté de l’agence de renseignement qui s’exprime, et que les enquêteurs de l’Armée de l’Air seront bien obligés d’appliquer.
Et pourtant, l’Armée de l’Air n’a pas à obéir à la CIA. Malgré tout, l’agence va réussir un tour de passe passe, qui va lui permettre d’orienter selon son agenda, l’enquête en cours sur les ovnis. Voici comment. La tenue de la réunion Robertson avait été décidée un mois plus tôt au sein d’un Comité inter-agence du renseignement, (l’IAC) qui regroupait alors l’armée de l’air, la marine, l’armée de terre, la commission de l’énergie atomique, le Département d’Etat, et, donc, la CIA. Le comité avait alors pris une décision collective:
(voix années 1950)
“Le comité ici présent ordonne de faire appel à des scientifiques triés sur le volet pour examiner et évaluer les données disponibles à la lumière des théories scientifiques pertinentes”.
Bref, le comité veut tout simplement comprendre, une bonne fois pour toute, ce qui se passe dans le ciel américain depuis 5 ans, et en particulier, le survol de Washington intervenu 6 mois plus tôt. A ce stade, il n’est pas du tout question de chercher à enterrer le sujet, ni à manipuler la population.
Que s’est-il donc passé, entre cette réunion du comité et celle du Panel Robertson ? Comment est-on passé, en un un mois, d’un mandat pour élucider un mystère par les moyens scientifiques, à une volonté de camouflage?
Il semble que cette transition vers le “debunking”, se soit faite en coulisses. Pour comprendre, il suffit de regarder l’organigramme du comité inter agence ayant commandité la réunion du panel. Le directeur de ce comité n’est autre que Walter Smith, qui est aussi directeur de la CIA.
Depuis plusieurs mois, cet ancien chef d’état-major est sensibilisé par son collaborateur à la CIA, Marshal Chadwell. Pour Chadwell, le vrai risque posé par les OVNI, c’est la surcharge des services, dans un contexte de risque soviétique. L’obsession de Chadwell, et maintenant de Smith, ce n’est pas l’invasion extra-terrestre: c’est l’invasion russe.
Walter Smith ne se pose pas de question; sitôt la réunion, il enregistre les conclusions du comité inter-agence, et mandate son collaborateur Chadwell, pour convoquer et piloter le Panel Robertson, mais… avec un mandat tout autre que celui qui lui a été confié par le comité inter-agence! On lui demande de percer le mystère des ovnis? Très bien; eh bien il fera complètement autre chose. Le mystère des ovnis sera recouvert de couches de boue, et de moqueries. Il faut reconnaître au directeur Smith un certain culot. Ce ne sera d’ailleurs pas la dernière fois que la CIA outrepasse son mandat. L’affreux projet MK Ultra, révélé en 1975 par des auditions parlementaires, en sera un exemple flagrant.
La CIA joue à cache-cache
La CIA est donc totalement aux manettes du panel Robertson; elle décide de sa composition, elle accueille la réunion en ses locaux, et c’est même Marshal Chadwell lui-même, qui va ouvrir les débats, en indiquant d’emblée l’objectif de la CIA: établir les risques présentés par le phénomène ovni pour la sécurité nationale.
L’agence de renseignement ne s’en vante pas pour autant. Pendant 20 ans, elle bataille contre le NICAP, une organisation ufologue indépendante, et son leader Donald Keyhoe, pour cacher son implication. Dès la fin de la réunion du panel, le compte-rendu est classé secret, et toute mention du parrainage par la CIA est interdite. Si l’on connaît le rôle de la CIA aujourd’hui, c’est grâce à la pugnacité de l’ufologue William Spaulding, qui arrache la déclassification du compte-rendu (le rapport Durant) grâce à la nouvelle loi sur la liberté de l’information.
Pourquoi la CIA tient-elle tant à cacher son implication? La CIA, l’air Force, bon… Tout ça, c’est le gouvernement américain. N’est-il pas normal que différents organes du gouvernement travaillent main dans la main dans un même but? Après tout, si la CIA veut filer un coup de main… Où est le problème?
Le problème, le voici: tout le monde sait que la CIA, c’est une agence d’espionnage. La fonction même de la CIA (renseignement extérieur, opérations clandestines, guerre psychologique, contrôle de l’information) rendait évident l’objectif véritable du Panel: non pas des délibérations scientifiques neutres, mais une opération de stabilisation psychologique nationale en pleine Guerre froide. Dévoiler l’implication de la CIA dans l’organisation de la réunion Robertson aurait révélé le pot aux roses.
En tant qu’experte de la guerre psychologique, il était tout à fait logique que la CIA soit obsédée par la possibilité que la Russie puisse exploiter cet engouement public pour semer la panique. A la place du KGB, la CIA aurait probablement eu le même projet..
En d’autres termes, si le sujet des ovni est encore si tabou dans notre société, c’est parce qu’une poignée d’espions et de contre espions zélés, ont voulu bien faire leur travail il y a 75 ans.
Ce n’est qu’en 1997 que la CIA a officiellement admis son implication. Voici donc 30 ans que nous savons que nous avons tous été manipulés par les américains. Malgré cette nouvelle fracassante, pour ne pas dire vexante, nous continuons de dénigrer les ovnis et leurs témoins; les journalistes continuent de rire nerveusement lorsqu’un invité évoque le sujet. Ont-ils conscience de relayer une propagande, une vieille propagande, de la CIA?
(Presque) tous laissés dans le noir
L’esprit du Panel Robertson subsiste encore en 2026, jusque dans nos contrées. L’implication des espions américains n’est même plus nécessaire; ça y est, le ridicule de l’ovni est si bien ancré en nous, que la CIA n’a plus besoin de s’y atteler.
Ceci dit, le service après-vente du panel Robertson est peut-être encore assuré au sein du Pentagone. En effet, ces dernières années, des militaires et des membres du renseignement se sont constitués lanceurs d’alerte auprès du Congrès et du Sénat pour indiquer que les OVNIs, aujourd’hui appelés PAN, sont non seulement arrachés de la scène publique, mais aussi à la supervision du Congrès. La grande majorité des services gouvernementaux seraient laissés dans le noir. Un fonctionnaire du Pentagone, Matthew Brown, vient de révéler être tombé dans le cadre de ses fonctions sur une Intelligence Artificielle, chargée d’identifier et de confisquer les données circulant sur les ovnis. Le nom du programme; Constellation Immaculée… Comme s’il s’agissait de nettoyer les cieux des données compromettantes.
Vous me direz, aujourd’hui, la menace soviétique n’existe plus… Pourquoi continuer cette mascarade? On sait bien que les russes ne vont pas envahir les Etats-Unis. Oui, c’est vrai, mais… Admettre que l’on a menti au peuple pendant plusieurs générations… Ce n’est pas facile. Peut-être que la persistance de cette omerta sur les ovnis, n’est plus aujourd’hui qu’un moyen pour la CIA et ses complices de couvrir leurs arrières.
Un peu comme un enfant qui aurait fait une bêtise, et qui, plutôt que d’avouer, préfère enterrer dans le jardin un emballage de bonbon.
Il semble que l’étendue de la cachotterie va encore plus loin. D’après l’actuel ministre des affaires étrangères américain Marco Rubio, même le président n’est pas mis au courant de tout. Difficile de savoir qui est dans le secret des dieux.
Où l’information s’arrête-t-elle? Vers quel organisme les données apparemment confisquée sont-elles détournées? La CIA est-elle encore aux manettes, comme en 1953?
Aussi incroyable que cela puisse paraître, le rapport Robertson, qui détaille la façon dont la CIA a conspiré pour mentir à la population, peut-être consulté sur le site officiel de la CIA. Il ne s’agit donc pas d’une théorie du complot, mais bel et bien d’un complot tout court.
Face à un tel historique de manipulation institutionnelle, on est bien obligé de se poser la question: peut-on croire la parole gouvernementale lorsqu’elle parle des OVNI ou des PAN en 2026?
Impossible à dire, bien sûr. Mais on peut tout de même noter que la porte-parole actuelle du Pentagone pour ce qui est des ovnis et des pan, Susan Gough, se trouve être un ancien colonel de l’armée, experte en Opérations Psychologiques. Elle est même auteur d’un papier de 60 pages, dans lequel elle plaide pour une “stratégie de psychologie nationale”, qui devrait se concentrer sur des “changements d’attitudes et de comportements à long terme”.
Un hasard, sans doute.








