Premier Colloque sur les PAN à l'Assemblée Nationale
Le 29 juin, les députés Pierre Henriet et Arnaud Saint-Martin ont rassemblé chercheurs, ingénieurs, militaires et responsables publics afin de mettre en perspective et en valeur un héritage français.
Membres de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST), Pierre Henriet (Horizons) et Arnaud Saint-Martin (LFI) ont souhaité donner la parole à ceux qui étudient le phénomène avec sérieux et faire le point sur l’étude du phénomène en France.
Tour à tour les intervenants ont pu présenter leur point de vue et leur travail autour de trois tables rondes :
La recherche sur les PAN : histoire et enjeux contemporains
Les travaux officiels sur les PAN par le GEIPAN et l’Armée de l’Air et de l’Espace
Du GEIPAN au Pentagone : actualité et réponses des pouvoirs publics
Les PAN : un problème de croyance populaire ?
Le sujet n’est pas nouveau et continue de diviser la société. Le sociologue des sciences et chercheur associé à l’EHESS, Pierre Lagrange étudie le sujet depuis plus de trente ans. Il explique que depuis son émergence aux Etats Unis, le sujet est mal posé.
« On présente souvent ce débat comme l’émergence d’une croyance populaire, d’un phénomène d’irrationalité. C’est un débat qui matérialise en fait l’émergence de la croyance en la croyance des autres. »
Car non, Orson Wells n’a pas provoqué de panique en 1938. Les études de Pierre Lagrange démontrent qu’il s’agit d’une invention des médias et des élites le lendemain.
« On cherche toujours à isoler la croyance, la crédulité, cette partie du public qui serait irrationnelle. Or, le vrai problème, c’est notre obsession littéralement de trouver de la crédulité, de l’irrationnel. »
Au cours des quatres derniers siècles, la société occidentale s’est construite sur l’idée de s’élever, se distinguer des peuples dits “sauvages”. L’effort de modernisation a conduit la société occidentale à prendre ses distances avec ce qu’elle considère irrationnel. Le regard porté sur les PAN en est une conséquence. Mais au fil du temps, la société et la science ont évolué. Et le débat est passé d’un problème attribué à des croyances populaires à un problème imputé au complotisme.
Les PAN : un problème pris au sérieux ?
« À la question “Les OVNIs sont-ils un sujet sérieux ?” L’État français a répondu depuis longtemps à sa manière en accordant la priorité à la communication avec le public sans pour autant délaisser les enjeux militaires et scientifiques. »
Jérôme Lamy
Jérôme Lamy, sociologue au CNRS, et Dominique Pinsolle, historien à l’Université de Bordeaux, ont engagé depuis janvier 2026 une enquête socio-historique sur le GEIPAN (Groupe d’Études et d’Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés).
Il en ressort 3 facteurs structurants :
Une dimension civique
Il importe de répondre aux préoccupations des citoyens souvent relayées et entretenues par les médias. Ici, l’étrangeté est conçue comme un seuil d’inquiétude articulé à un besoin d’explication ;Une démarche scientifique
La justification du GEIPAN réside dans une réponse basée sur la démarche scientifique permettant d’expliquer rationnellement les phénomènes inconnus ou insolites. Les travaux du GEIPAN relèvent d’un mode de rationalisation qui emprunte à la démarche judiciaire ;La défense nationale.
Cet élément était peu présent au début des années 2000 mais il est monté en puissance dans les années récentes comme le montre l’évolution du traitement médiatique du GEIPAN.
Face à la notion d’étrangeté, Jérôme Lamy rappelle qu’il n’appartient pas au GEIPAN de produire de nouvelles connaissances.
« Les différents acteurs et actrices interviewés sont relativement unanimes dans notre enquête. Il n’est pas pertinent de comparer le GEIPAN à un laboratoire classique de recherche qui viendrait produire des connaissances nouvelles évaluées par les pairs dans un champ scientifique qui serait travaillé par des normes de véridiction qui passerait par exemple par la reproduction des expériences. »
Quelle réponse donnée aux civils ?
Le GEIPAN est un acteur incontournable dans l’étude des PAN. Frédéric Courtade, directeur du GEIPAN, était accompagné de l’un des enquêteurs Gilles Munsch afin de présenter la structure de cet organisme mais également son fonctionnement. Créé par le CNES en 1977, le Groupe d’Etudes et d’Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés a pour mission de collecter, analyser et archiver les phénomènes aérospatiaux non identifiés tout en informant le public sur ces derniers. Pour mener à bien sa mission, le GEIPAN s’appuie sur une équipe de 16 enquêteurs bénévoles spécifiquement formés, l’expertise interne du CNES, un comité d’experts et différents services de l’Etat.
Cette mission d’information associée à une exigence de transparence a conduit le GEIPAN à rendre publique l’ensemble des 3368 cas étudiés dont :
28% sont des phénomènes parfaitement identifiés (cas A),
38,8% sont des phénomènes probablement identifiés (cas B),
30,1% sont des phénomènes non identifiés par manque de données (cas C),
3,1% sont des phénomènes non identifiés après enquête (soit 106 cas D).
(Statistiques du GEIPAN - 26/06/2026)
A l’heure où les Etats Unis s’efforcent à plus de transparence, la France dispose depuis près de 50 ans d’une structure d’analyse des témoignages du public et des professionnels du secteur aérien civil qui prends appui sur les services de l’Etat et d’un comité pluridisciplinaire d’experts.
Toutefois, le rôle du GEIPAN se limite à l’étude de cas. Lorsque l’un d’eux reste inexpliqué malgré des éléments d’enquête solides, il est classé comme un cas D.
Une personne présente dans le public demande qui prescrit les actions de recherche destinées à combler ce déficit de connaissances scientifiques et techniques.
« En ce qui concerne l’activité recherche, c’est en dehors de mes prérogatives. Le GEIPAN ne fait pas de recherche. La recherche est confiée aux universités, au CNRS. Il n’y a pas de thématique ufologique au CNES. Ce n’est pas au CNES de faire des recherches. »
Frédéric Courtade
La réponse de l’Armée de l’Air et de l’Espace
Cette possibilité de signaler une observation relevant de l’étrangeté et de l’anormal ne se limite pas aux civils. Le colonel Mathieu Courtaban, directeur adjoint du CAPCODA, et le capitaine Jérémy Moyal étaient également présents pour faire état de la réponse apportée dans l’Armée de l’Air et de l’Espace.
Le but du CAPCODA est de fusionner toutes les détections des radars, qu’ils soient civils ou militaires, qui sont présents sur le territoire national et de construire une situation aérienne reconnue et intelligible, pour surveiller l’ensemble des mobiles qui survolent le ciel français et éventuellement intervenir en cas de doute sur le niveau de menace que tel ou tel mobile pourrait représenter. De ce fait, le CAPCODA intervient sur deux niveaux :
Il constitue un appui aux enquêtes du GEIPAN en fournissant les restitutions radars dont il dispose ;
Dans le cadre de la surveillance du territoire national et lorsqu’un mobile présente un niveau de doute ou d’inconnu, l’unité peut déclencher une intervention de contrôle.
« Les témoignages de nos propres équipages représentent seulement quelques pourcentages de l’activité aérienne qui a lieu sur le territoire national. Et à mon sens, on est à moins d’une occurrence par an de témoignages d’équipages de l’armée de l’air. »
« La modernisation de notre parc de radars, notamment militaire, nous permet de détecter des mobiles qui sont de plus en plus petits et avec des vitesses résiduelles qui sont de plus en plus faibles. Ce qui nous amène à sensiblement augmenter le cas d’intervention de nos avions de combat qui vont la plupart du temps aller identifier, des objets qui ne sont finalement pas du tout des menaces, c’est-à-dire régulièrement des bandes d’oiseaux migrateurs qu’on attrape en très haute altitude ou tout un tas de ballons dont certains, pour ne pas trahir de secret, ont des têtes de Mickey ou de Minnie dans l’Est parisien. »
Mathieu Courtaban précise qu’en plus des radars civils et militaires, le CAPCODA peut également s’appuyer sur un radar de veille plutôt satellitaire qui permet de voir les objets dans les plus hautes couches de l’atmosphère.
A ma connaissance, depuis mes années de présence au sein du CAPCODA, on n’a pas connaissance de faits qu’on n’aurait vraiment pas du tout réussi à identifier, notamment de faits qui auraient des caractéristiques cinématiques et de changement de direction qui sont à priori inexplicables.
L’étude des cas D
Depuis 2008, la 3AF (Association Aéronautique et Astronautique de France) dispose d’une commission d’étude des PAN, la Commission SIGMA2, en charge de l’analyse scientifique et technique des cas “D” inexpliqués (selon la terminologie GEIPAN) qu’ils soient français ou étrangers. Cette commission travaille en collaboration avec le CNES, la Direction Générale pour l’Armement et également l’aviation civile. Elle rassemble une trentaine de personnes permettant de couvrir un large panel d’expertise : des pilotes civils et militaires, un contre-amiral, un astronaute, un médecin, un psychologue, des ingénieurs de l’industrie ou du secteur étatique, des spécialistes de l’électromagnétisme, des missiles, des armes à énergie dirigée, de la défense aérienne, de la détection-imagerie radar, optique, infrarouge.
Pour Luc Dini, président de la Commission SIGMA 2 :
Résolument et clairement, on a affaire à des phénomènes physiques qui s’observent, qui s’enregistrent.
Durant sa présentation, Luc Dini détaille le modus operandi de la commission. Pour ce faire, il s’appuie sur un cas que lui a soumis le CEFAA (Chili) en 2017. Ce cas emblématique observé depuis un hélicoptère Cougar a été résolu par la SIGMA 2 qui a identifié ce PAN comme étant un Airbus A340 avec sa traînée de condensation.
Luc Dini mentionne également un cas remontant à 2007 dans les îles anglo-normandes basé sur le témoignage visuel d’un pilote corroboré par une trace radar de plusieurs centaines de mètres. Ce cas reste non résolu à ce jour et il est toujours étudié par la commission. La Commission SIGMA 2 s’est également penchée sur l’étude d’échantillons métalliques et de végétation associés à des observations de PAN.
Quel que soit le cas qui lui est soumis, la Commission SIGMA 2 s’attache à caractériser les phénomènes et objets observés, à déterminer les lois physiques qui les gouvernent. Plutôt que détailler l’intervention de Luc Dini, nous invitons le lecteur à prendre connaissance du Rapport d’avancement SIGMA 2 publié en juin 2021.
Luc Dini conclut son intervention par deux recommandations :
Il nous faudrait plus d’enregistrements pour pouvoir creuser le sujet et pouvoir mieux caractériser les phénomènes aérospatiaux non identifiés. Donc une recommandation serait d’avoir des liens entre bases de données et notamment avec la base de données du CNES avec plus de données techniques. Ce serait également une incitation des pilotes et des contrôleurs à fournir leur propre témoignage. Beaucoup n’osent pas le faire.
Observer, documenter, comprendre
Le véritable défi n’est pas seulement celui de l’inexpliqué. C’est aussi un défi d’observation, de production de données et de gestion de l’incertitude.
Philippe Ailleris
Philippe Ailleris est Senior Project Controller à l’Agence Spatiale Européenne (ESA) depuis 28 ans. Durant son intervention, il a insisté sur l’importance d’améliorer les observations et l’instrumentation relatives à l’étude du ciel. L’augmentation des activités aéronautiques et spatiales a entraîné une augmentation des signalements en Europe. Toutefois, ces phénomènes restent particulièrement difficiles à étudier du fait de leur caractère imprévisible et donc du manque de données disponibles. Une étude scientifique ne peut reposer uniquement sur un témoignage ou sur une vidéo décontextualisée.
Plus on ajoute de mesures instrumentales, puis plusieurs capteurs indépendants, plus la valeur scientifique augmente. […] Plus les données sont nombreuses, indépendantes et bien documentées, plus il devient possible de comprendre ce qui a été observé.
Philippe Ailleris conclut sur la nécessité de poursuivre les observations, d’améliorer les données et de continuer les recherches.
La science ne progresse ni en acceptant toutes les hypothèses, ni en les rejetant systématiquement. Le défi n’est pas de défendre des conclusions extraordinaires mais d’améliorer notre capacité à étudier les phénomènes inhabituels, avec ouverture d’esprit, rigueur, méthode et esprit critique.
Améliorer l’exploitation des données
Pour Michael Vaillant, data scientist et fondateur de UAP Check, la création d’un comité scientifique permettrait de passer d’une collecte de données passives à une observation proactive d’une part et la création d’une base de données exploitable par la science d’autre part. Un tel comité scientifique permettrait d’assurer les intérêts de la défense et ceux de la science. Michael Vaillant propose également la création d’un dispositif similaire au GEIPAN mais à l’échelle européenne. Celui-ci nécessiterait une standardisation des données collectées qui les rendrait plus facilement exploitables.
Aujourd’hui, chaque pays, chaque organisme, chaque base a organisé différemment ce qu’ils appellent des cas non identifiés, avec des protocoles, qui ne vont pas se ressembler. Aux États-Unis, l’inconnu a telle forme, en France l’inconnu a telle autre forme, mon inconnu n’est pas forcément ton inconnu. Si on veut organiser la science à l’échelle internationale, il faut qu’on parle du même inconnu.
La France et le monde, situation internationale
Baptiste Friscourt, correspondant pour The Debrief et fondateur de l’association d’observation du territoire Sentinel Center s’est davantage intéressé à la communication des institutions à propos de ces phénomènes et à l’impact observé sur les populations. Il s’appuie sur la vague d’observations belge qui s’est déroulée de 1989 à 1991. Durant celle-ci, on dénombre plus de 2000 observations avec parfois plusieurs dizaines de signalement de civils et de forces de l’ordre en une même journée. Des F-16 sont envoyés à plusieurs reprises pour tenter des interceptions. Par trois fois, les pilotes réussissent à obtenir un verrouillage radar pendant quelques secondes avant que les changements de position et les très grandes accélérations des cibles ne brisent le verrouillage. Le 16/12/89, le ministre de la Défense, Jean-Pol Poncelet, confirme que les prétendus ovnis ne sont en fait que des lumières de dancing reflétées par les nuages. Deux jours plus tard, le colonel De Brouwer, chef d’opération de la force aérienne, contredit cette version et affirme « que les opérateurs au sol ont observé des échos radars inexpliqués présentant des vitesses extrêmement variables, sans rapport avec les vitesses des avions de ligne et des cargos militaires ». Au-delà de la contradiction constatée dans la communication institutionnelle, la vague belge démontre que lors d’événements aussi significatifs, la population ne panique pas.
Baptiste Friscourt revient également sur la question d’une gestion européenne.
Cela fait plusieurs dizaines d’années que des députés européens interrogent la Commission européenne au sujet des PAN. La réponse des membres de la Commission est systématiquement la même : il s’agit de la compétence nationale des pays, cela ne relève pas de la compétence européenne. Cependant, ils sont parfaitement d’accord pour utiliser par exemple le programme Horizon pour lancer un programme de recherche sur le sujet.
De plus, il rappelle que des outils spécifiques pour les pilotes existent déjà au sein de l’EASA, l’Agence Européenne de Sécurité Aéronautique, mais que les rapports des pilotes sont classés secrets dans l’ensemble des pays hormis la Suisse et le Royaume-Uni.
Ces rapports permettent de faire le constat d’une communication et d’un positionnement souvent contradictoires au niveau des États et des instances. En effet, plusieurs rapports rendus publics (Airprox, projet Condign…) font état de situations ou de recommandations engageant la sécurité des pilotes et de leur appareil. Pourtant, lorsque les Lords interrogent les représentants du ministère de la Défense à propos des PAN, le ministère de la Défense répond que cela ne représente pas un enjeu de défense nationale.
On constate que plusieurs pays communiquent publiquement sur le sujet. L’Espagne a connu une énorme opération de déclassification des rapports militaires dès 1991. L’Italie diffuse tous les ans un rapport annuel sur le nombre d’objets rencontrés et les enquêtes diligentées. Le Brésil a connu de nombreux cas dont certains ont été très bien documentés, notamment par Jacques Vallée. En Uruguay, l’armée de l’air enquête sur le sujet depuis 1979. L’armée chilienne dispose depuis 1997 d’un groupe d’étude permanent sur le sujet. La Chine a sollicité la population civile pour la détection du phénomène et affirme avoir réussi à intercepter au moins un objet. De nombreux témoignages de militaires et pilotes russes sont disponibles sur la période antérieure à la guerre en Ukraine. On observe une symétrie dans la communication des États-Unis et de la Russie à ce sujet. Et le Japon s’annonce prêt à collaborer avec n’importe quelle autre nation qui cherche à travailler sur le sujet.
Baptiste Friscourt pose donc la question de la communication des instances françaises sur le sujet.
Un témoignage corroboré aux Etats-Unis par le docteur Mc Gwier qui, quand il était en mission dans un sous-marin nucléaire, a observé un engin immense passer à côté du sous-marin et forcer celui-ci à faire surface. Cela a aussi été confirmé par l’amiral Gallaudet, La France disposant de la deuxième zone économique exclusive marine, il serait intéressant de demander à nos sous-mariniers s’ils ont rencontré les mêmes objets.
Pour faire écho aux déclarations de Mathieu Courtaban sur les signalements faits au CAPCODA, il affirme :
De mon enquête pour The Debrief, j’ai pu contacter des pilotes militaires français, particulièrement dans les forces aéronavales, qui ont confirmé qu’il y avait l’observation de ces plateformes avancées non explicables [à raison de] 3 à 4 cas par an à l’intérieur de leur unité. Quand je leur ai demandé pourquoi est-ce qu’ils ne remontaient pas les informations au CAPCODA, ils ont dit que le risque pour leur carrière était trop grand. Des pilotes civils m’ont répondu exactement la même chose. Ce qui est très intéressant, c’est que c’est un risque perçu. […] Quand je leur ai demandé ce qui pouvait changer la donne, ils ont déclaré : le fait qu’un membre de l’état-major dise qu’il y a nécessité de rapporter ces objets aux instances supérieures.
Enfin, il indique que des programmes de recherche sont déjà en cours dans les universités de France et en Europe et que d’autres sont en projet dans de très grands instituts de recherche. Il ajoute que certains programmes ont les capacités de mettre en place des observatoires spécifiques afin d’obtenir des données fiables, aux standards académiques. Il cite pour exemple le programme IFEX à l’université de Würzburg, du professeur Hakan Kayal avec le soutien de l’armée.
La France est-elle prête ?
Sylvain Maisonneuve a assuré les fonctions de conseiller en cabinet ministériel durant quasiment 5 ans. Cette expérience lui a permis d’identifier quatre faiblesses structurelles de la mécanique du pouvoir concernant la problématique des PAN :
l’analyse holistique et granulaire que nous portons sur ce qui se passe à l’étranger,
notre état d’esprit conformiste fait que nous avons du mal à réfléchir hors des cadres déjà connus,
notre logiciel de régulation qui nécessite de pouvoir définir et qualifier un sujet pour l’adresser,
la complexité de la remontée des données.
A l’époque de la préparation de son livre, Ovnis, l’enquête déclassifiée paru en 2025, il explique s’être adressé à plusieurs ministres mais aucun n’a considéré ce sujet comme étant sérieux, crédible, digne d’études. Ce n’était pas par défaut, par fermeture d’esprit ou autre, c’est juste qu’ils ne se posaient même pas la question. Pourtant, Sylvain Maisonneuve considère que le stade des signaux faibles est largement dépassé. En témoignent les propos de John Brennan, directeur de la CIA sous Obama, d’Avril Haines, directrice du renseignement sous Biden, ou encore de John Ratcliffe, actuel directeur de la CIA. Au regard de la déclassification en cours aux Etats Unis, qu’en est-il de la préparation de la France sur un tel sujet ?
Afin de poursuivre la réflexion engagée par le colloque, Sylvain Maisonneuve propose de mettre en œuvre une mission flash. Il s’agit d’une mission d’information dont la durée est bien inférieure aux commissions d’enquête qui se déroulent en général sur une période de 6 mois. Celle-ci permettrait d’auditer notre gouvernance, nos outils et nos process de collecte de données (civiles ou militaires) et la veille stratégique.
On ne doit pas développer de vision sensationnaliste, catastrophiste ou militaire, ni sauter les étapes et commencer à spéculer sur l’origine et la nature du phénomène. Le besoin est déjà de pouvoir le qualifier, le documenter pour le comprendre et nous forger notre propre opinion. Et je pense que s’agissant du pays de Descartes, c’est le mieux que l’on puisse faire.
Un premier pas
L’ensemble des participants ont salué l’initiative des députés Pierre Henriet et Arnaud Saint-Martin. Ces derniers ont confirmé que ce colloque était effectivement un premier point réalisé sur le sujet.
On proposera aussi un certain nombre de recommandations issues de ce colloque pour valoriser aussi tout le travail d’interaction qui a eu lieu aujourd’hui. Et je pense que peut-être cette initiative en appellera d’autres.
Pierre Henriet
On notera parmi le public la présence de Jacques Vallée dont le travail a été unanimement salué par les 250 personnes présentes dans l’auditorium. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le sujet et a consacré de nombreuses années à documenter et étudier les PAN. Bon nombre des cas évoqués par les intervenants ont été étudiés et documentés par celui-ci. Dominique Filhol, réalisateur du film Valensole 1965, et Alexandre Sheldon-Duplaix, historien naval étaient également présents. Plusieurs médias spécialisés avaient également fait le déplacement.
L’ensemble du colloque a été mis en ligne sur la chaîne Youtube de Arnaud Saint-Martin (vidéos 1, 2, 3 et 4). Le média exomagazin a également mis en ligne une vidéo de l’ensemble du colloque et bénéficiant de transcriptions en plusieurs langues.



