Dans une discussion diffusée par la Sol Foundation le 8 octobre 2026, Peter Skafish, cofondateur de la fondation, reçoit Marik von Rennenkampff pour faire le point sur les développements de la situation des plateformes avancées. Leur échange révèle un nouveau moyen secret pour des témoins de transmettre des informations liées à des programmes non déclarés, à des opérations de récupération et à des activités de rétro-ingénierie.
« Cela recèle un potentiel énorme, vraiment énorme », affirme Skafish, en précisant :« Il faudra du courage. Il faudra une stratégie astucieuse pour quiconque souhaite s’y lancer. Il faudra des garanties juridiques, mais cela peut porter ses fruits. »
Marik von Rennenkampff souligne le caractère exceptionnel de la protection évoquée. Il considère que le mécanisme d’immunité, décrit comme une « sphère de sécurité », démontre que la Maison-Blanche traite sérieusement les allégations de programmes de PAN non déclarés. « Cette dérogation… montre que le président et l’administration de la Maison-Blanche prennent très au sérieux ces allégations concernant des programmes non déclarés relatifs aux phénomènes aériens non identifiés (PAN), et plus particulièrement les programmes non déclarés de récupération et de rétro-ingénierie », déclare-t-il.
Une protection à portée fédérale
Rennenkampff s’interroge sur le champ exact de la mesure. Il relève que les autorités du département de la Guerre s’inscrivent notamment dans le cadre du Title 10, tandis que les allégations les plus sensibles concernent fréquemment la communauté du renseignement, la CIA et les activités relevant du Title 50. Sa question est directe : une protection supplémentaire est-elle susceptible de couvrir spécifiquement les structures de renseignement ?
Skafish répond que la clé ne se trouverait pas seulement dans la note publique, mais dans une directive exécutive plus vaste. « C’est en réalité la directive exécutive qui régit cette question », explique-t-il. Il affirme avoir été informé par une personne ayant participé à sa rédaction que cette directive est classifiée : « C’est la personne qui a participé à sa rédaction qui m’a appris que ce document était confidentiel. »
Selon Skafish, cette directive aurait été élaborée pour couvrir l’ensemble des informations concernées, quelle que soit l’administration qui les détient. « Qu’il s’agisse d’informations provenant des services de renseignement, du ministère de la Guerre ou des forces de l’ordre fédérales, quel que soit l’endroit où elles se trouvent, rien n’est exclu », dit-il. Il appelle également à tenter d’obtenir le document : « Quelqu’un devrait commencer à demander l’accès à ces informations en vertu de la loi FOIA. »
Aucune agence hors du cadre
Peter Skafish estime que le texte n’a pas été conçu pour créer des échappatoires permettant à certaines agences de renseignement de se soustraire au processus. « Je ne pense pas que cette mesure ait été conçue pour créer des exceptions qui permettraient à certains organismes de la communauté du renseignement de se soustraire en quelque sorte à cette obligation », affirme-t-il.
Il explique avoir participé à une réunion réunissant de hauts responsables de l’exécutif ainsi que des conseillers juridiques de plusieurs départements et agences. « Je pense que c’était une réaction à l’une des réunions auxquelles j’ai participé », précise-t-il, avant d’annoncer qu’il s’attend à des clarifications parallèles venant des différentes administrations.
Pour Skafish, la question décisive n’est pas de savoir dans quelle agence une personne a exercé, mais de lui permettre d’atteindre une voie de transmission adéquate. « Je pense que peu importe l’organisme pour lequel une personne travaille ou a travaillé », déclare-t-il. « Ils disposent de plusieurs points de contact qu’ils peuvent utiliser pour apporter des informations. »
Orienter les témoins
Skafish reconnaît que l’accès à ces procédures pourra être difficile. « Les gens vont avoir du mal à s’y retrouver pour savoir comment y entrer », dit-il. Il indique toutefois que la Sol Foundation peut orienter les personnes qui cherchent à entrer dans le processus officiel.
Il pose cependant une limite nette : « Nous ne souhaitons pas recevoir d’informations classifiées. Nous n’acceptons pas les divulgations d’informations classifiées. Pour cela, nous vous orienterons vers un avocat. »
Skafish précise que cette orientation peut viser l’Office of the Director of National Intelligence (ODNI), ou le Federal Bureau of Investigation (FBI). « Grâce à notre participation au Conseil consultatif scientifique sur les PAN, nous savons comment orienter les personnes vers les interlocuteurs appropriés au sein de l’ODNI et/ou du FBI. », explique-t-il.
Une demande de témoignages
Skafish affirme que les agences concernées cherchent à recueillir des informations et des témoignages. « Ces deux agences souhaitent obtenir ces informations. Elles recherchent des témoins », déclare-t-il. Il ajoute que l’exécutif américain considère ces informations comme relevant de son autorité : « Le pouvoir exécutif estime qu’il y a droit. »
Le message adressé aux personnes détenant des informations est clair : elles peuvent se tourner vers des canaux institutionnels plutôt que transmettre des éléments classifiés à des organisations extérieures. Pour Skafish, l’exécutif attend la coopération de ceux qui pourraient avoir connaissance de programmes ou d’informations non déclarés : « Tout le monde doit s’y conformer. Donc, s’il y a des informations, ils les veulent. »
L’échange entre Peter Skafish et Marik von Rennenkampff place ainsi les témoins potentiels au centre de l’initiative de récolte d’informations sur les PAN. L’existence d’une directive exécutive classifiée, l’extension annoncée aux agences militaires, de renseignement et fédérales, ainsi que l’orientation vers l’ODNI ou le FBI forment, selon Skafish, les éléments d’un dispositif conçu pour faire émerger des informations longtemps restées dans l’ombre.
Cependant, aucune garantie n’existe qu’il ne s’agisse pas d’une nouvelle opération de « catch and kill » organisée par l’administration U.S. suite à la défiance déclarée des lanceurs d’alerte vis-à-vis des procédures actuelles. Le lanceur d’alerte Dylan Borland a déclaré lors de la conférence de Stockholm que le niveau de protection actuel des lanceurs d’alerte était de « 0,0 % ». La Sol Foundation met maintenant sa réputation en jeu pour convaincre les lanceurs d’alerte de donner leurs informations aux canaux autorisés. Espérons qu’un jour elles seront tout de même rendues publiques.



