Des points ressemblant à des étoiles, enregistrés sur des plaques photographiques anciennes puis absents d’observations ultérieures : c’est le point de départ de deux études mises en ligne sur arXiv en septembre 2026 par une équipe associant notamment l’astrophysicienne Beatriz Villarroel et le chercheur en analyse quantitative Stephen Bruehl, à la suite de leur étude précédente, telle que rapportée par Sentinel News, et publiée depuis dans Scientific Reports.
La première, Modelling Palomar Transients: Constraints from Reflection Geometry and Orbital Altitude, publiée le 4 septembre, cherche à estimer les propriétés physiques que posséderaient ces sources si elles correspondaient à des reflets solaires produits par des objets proches de la Terre. La seconde, Earth-Projected Clustering of Historical Optical Transients, mise en ligne le 8 septembre, examine leur répartition géographique. Les deux travaux exploitent un catalogue de 107 875 candidats provenant du premier relevé photographique de Palomar. L’intérêt de la population étudiée tient à son ancienneté : les observations retenues précèdent Spoutnik, ce qui retirerait des possibilités les satellites et débris humains auxquels on attribue aujourd’hui de nombreux éclats similaires.
Dans un entretien accordé à Ross Coulthart pour Reality Check, Villarroel et Bruehl présentent ces résultats comme les éléments successifs d’une enquête sur un phénomène encore inexpliqué. Leur collaboration viserait à déterminer si les candidats correspondent seulement aux imperfections attendues dans des photographies âgées de plusieurs décennies, ou si certains appartiennent à une population réelle de sources lumineuses. Les chercheurs invoquent une combinaison d’indices : des images ponctuelles parfois plus étroites que celles des étoiles, des regroupements et alignements, une diminution du nombre de candidats dans la zone correspondant à l’ombre terrestre et des associations temporelles avec les essais nucléaires. Ils ont également publié récemment un article dans *Scientific Reports*, dans lequel ils utilisent l’apprentissage automatique pour éliminer les fausses détections de leur échantillon, ce qui permet de mettre en évidence une association plus forte entre les transitoires à forte probabilité et les essais nucléaires.
Villarroel décrit un objet relativement plat qui tourne et ne devient visible qu’au moment où sa géométrie permet le reflet. L’ensemble des cas étudiés s’étend de dimensions centimétriques à environ trois mètres, mais ces nombres ne mesurent pas nécessairement le corps porteur, qui pourrait être plus grand, moins réfléchissant et doté de plusieurs surfaces.
Villarroel présente dans l’interview le déficit dans l’ombre de la terre comme son argument le plus fort contre une explication exclusivement photographique : « Il n’y a aucune raison que des défauts sachent où se trouve l’ombre de la Terre », explique-t-elle en substance, soulignant la dépendance temporelle de la géométrie Soleil–Terre.
Des concentrations aux essais nucléaires
L’étude géographique compare les 11 418 candidats filtré par apprentissage automatique à 23 814 positions de contrôle réparties dans des cellules de cinq degrés sur cinq degrés, chaque contrôle conservant l’heure et la direction générale d’une plaque réelle. Sur 137 cellules où au moins cinq candidats sont attendus, seize présentent un excès significatif après correction de Bonferroni : neuf forment un ensemble dans le Pacifique oriental, quatre couvrent une partie du sud du Mexique et du golfe du Mexique, et trois sont isolées.
La cellule classée première compte 690 candidats pour 182,2 attendus, tandis qu’une cellule de la région du golfe en contient 258 pour 14,4 attendus ; quatorze des seize cellules reçoivent un excès provenant de plusieurs plaques. Une seconde méthode regroupe les 897 candidats les mieux notés en six ensembles, dont quatre centres tombent dans une cellule présentant un excès, sans correspondance identique pour l’Arizona et le Nouveau-Mexique, séparés de 377 kilomètres entre leurs centres de référence.
231 candidats sont observés dans une fenêtre d’un jour avant à un jour après un essai nucléaire : 203, soit 87,9%, sont associés à Castle Yankee, l’essai thermonucléaire de 13,5 mégatonnes le 4 mai 1954, et apparaissent la nuit précédente dans les régions projetées du Pacifique oriental. Les 28 autres concernent des essais du Nevada, dont 24 celui du 12 mars 1955, “Hornet”, avec un candidat la nuit du test et 23 la nuit suivante.
Les chercheurs ne se limitent pas à l’hypothèse d’une origine artificielle : il examine des fragments glacés, des corps naturels possédant une petite surface métallique réfléchissante et des phénomènes de plasma poussiéreux dans la magnétosphère. Pour les objets naturels, les auteurs discutent la difficulté de conserver une surface spéculaire, les distributions attendues près de l’écliptique et la possibilité qu’un corps peu réfléchissant reste invisible sous forme de traînée tout en produisant un éclat sur une petite facette. Ils jugent les plasmas poussiéreux difficiles à concilier avec les surfaces réfléchissantes déduites, puis privilégient, parmi les modèles envisagés et sous l’hypothèse d’une origine commune, un scénario d’intelligence non humaine capable d’accommoder les différents indices.
À la fin de l’entretien, Villarroel assume une conviction personnelle plus forte : « Je pense que ce que nous voyons est une sorte de système de surveillance », tandis que Bruehl soutient lui aussi l’idée d’un suivi non humain. Les deux scientifiques rapprochent aussi ces éléments statistiques d’observations de PAN à Sedona, White Sands ou Tampico, posant la possibilité d’une validation astronomique des études statistiques effectuées auprès des témoins au sol depuis plus de 75 ans.
Les deux études construisent une interprétation cohérente de reflets provenant de sources proches de la Terre et décrivent des concentrations géographiques ainsi que des associations nucléaires. Comme indiqué par les auteurs, il existe d’autres fonds d’archives astronomiques qui pourraient permettre de corréler d’avantage les liens statistiques dégagés, ouvrant la piste à une plus vaste modélisation du phénomène PAN à l’échelle du globe.




