Dans le labyrinthe des Ovnis
Depuis des années, le député Burlison mène une enquête sur la dissimulation présumée des phénomènes aériens non identifiés (PAN) aux États-Unis.
Le principal obstacle à la divulgation ne serait pas seulement militaire mais énergétique. Des personnalités liées au dossier se plaignent de pressions institutionnelles dont certaines ont des conséquences dramatiques. Parmi une poignée d’élus, un représentant du Missouri a été autorisé à visionner des enregistrements que ni lui ni les services de renseignement ne peuvent expliquer. Et la mécanique législative, lentement, avec des freins à chaque étage, est en marche. La question des PAN se fait moins marginale. Grâce aux efforts de représentants comme Luna et Burlison, elle n’est plus silencieuse.
Via un florilège d’entretiens que nous vous avons synthétisé, nous avons un point de vue de l’intérieur sur l’état de la situation américaine.
Qui est Eric Burlison ?
Le représentant Eric Burlison, élu du 7e district du Missouri, s’est imposé comme l’une des voix les plus actives du Congrès dans la lutte pour la transparence sur les Phénomènes Aériens Non-identifiés (PAN). Son engagement dépasse le discours : en mars 2025, il a officiellement nommé comme consultant David Grusch, ancien officier de renseignement senior et lanceur d’alerte sur les PAN en tant que conseiller spécial pour les travaux de transparence liés au Groupe de travail de surveillance de la Chambre sur la déclassification des secrets fédéraux.
En août 2025, Burlison a soumis l’UAP Disclosure Act of 2025 comme amendement à la loi d’autorisation de la défense nationale (NDAA) pour l’exercice 2026. « Depuis trop longtemps, les Américains sont tenus dans l’ignorance concernant les phénomènes aériens inexpliqués (PAN) », a-t-il déclaré. « Cet amendement garantit que ces documents sont conservés, examinés et communiqués au public de manière responsable. »
Lors d’une audition de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, Burlison a présenté une vidéo d’un drone militaire tentant d’abattre un « orbe » lumineux au large des côtes du Yémen, et a interrogé un vétéran de la Force aérienne sur l’existence de preuves de technologie extraterrestre. Son approche reste pragmatique et objective : sans position ferme sur une éventuelle origine non-humaine du phénomène, il ne l’écarte pas pour autant, et se concentre avant tout sur la vérification des témoignages des lanceurs d’alerte.
Un élu à la rencontre de la communauté PAN
Dans le dernier épisode de son podcast Fresh Freedom, Burlison reçoit Sam Gerb, figure connue sous le pseudonyme de UAP Gerb, pour une conversation centrée sur les obstacles institutionnels à la divulgation : le rôle du Département de l’Énergie, les labyrinthes administratifs et l’impératif de transparence.
Obama, Trump et la divulgation
Tout part d’une déclaration récente de Barack Obama, qui avait laissé entendre que si les informations sur les PAN étaient cachées, c’est peut-être parce qu’elles l’étaient au président lui-même. Le présentateur Nate Lucas en tire la question qui ouvre le débat.
Nate Lucas : «Tu vois ce que je veux dire ? Quand il a dit : “à moins qu’il n’y ait une énorme conspiration visant à le cacher au président”, et quand on se penche sur toutes ces différentes agences qui semblent avoir un lien avec quelque chose en rapport avec les ovnis ou les phénomènes aériens non identifiés (PAN), il existe peut-être ce réseau gigantesque où chaque agence en sait un peu, mais où personne ne sait tout. Est-ce que c’est peut-être à cela qu’il faisait allusion ?
Burlison : « Et c’est ce que je demande. J’ai discuté avec le personnel de la Maison Blanche pour formuler cette demande depuis que Trump est entré en fonction, en disant simplement que c’est quelque chose pour lequel, vous savez, il a fait campagne sur la divulgation. Il a pris des décrets sur la levée de secrets. L’un concernait les dossiers JFK. L’autre concernait les dossiers MLK. Et nous n’avons pas vu les dossiers PAN. Et j’ai continué à demander et à demander, et j’en suis ravi. Je suppose que nous pourrions remercier Obama d’avoir en quelque sorte incité à cela. »
Sam Gerb confirme la lecture et replace immédiatement le sujet dans une perspective plus large, rappelant le cas de John Podesta (politique américain, ancien dir. de campagne d’H.Clinton).
Gerb : « Je pense que c’est exactement ce à quoi il faisait allusion. Je pense aussi qu’il y a eu plusieurs présidents qui, pendant leur mandat, n’ont pas été informés de ces programmes, et qui, soit vers la fin de leur mandat, soit après leur mandat, ont reçu un briefing partiel. Je veux dire, prenez l’exemple du directeur de campagne de Barack Obama, John Podesta. Son nom apparaît partout dans les fichiers WikiLeaks, où il évoque diverses réunions sur les PAN avec Hillary Clinton, etc., Tom DeLonge (musicien et cofondateur de l’entreprise To the Stars Academy), le général McCasland, aujourd’hui porté disparu (ingénieur en aérospatiale, général de division à la retraite de l’armée de l’air américaine et ancien commandant du Laboratoire de recherche de l’armée de l’air) et ainsi de suite. »
Les JFK Files comme précédent
Interrogé sur la capacité réelle d’un président à déclassifier des documents par décret, Burlison cite les JFK Files comme un premier signal encourageant.
Burlison : « Nous avons remporté un immense succès parce qu’il existe un décret présidentiel et que Tulsi Gabbard a donné suite à ce décret. Je pense que cela tient en grande partie aux personnes que l’on place aux commandes et à leur intégrité morale. Et lorsque Trump a publié ce décret, elle est intervenue et a exigé que la CIA rende publics ses dossiers. Mais ce que cela prouve, c’est que la CIA a au moins tenté de dissimuler ses liens avec Oswald. Elle avait des liens avec lui. Elle savait très bien qui il était. Elle le surveillait sans aucun doute. Et tous ces dossiers ont été rendus publics, alors que la CIA a tenté de les retenir et de les étouffer pendant des décennies. Nous avons donc remporté un certain succès, un succès non négligeable. »
Le labyrinthe de la classification : le Department Of Energy au cœur du système
Sam Gerb expose ensuite les différents systèmes de classification américains et leur complexité. Il prend pour exemple le fait que depuis 1954, l’Accord sur l’énergie atomique a instauré ce qu’on appelle les restricted data, une classification automatique pour tout ce qui touche au nucléaire. Conséquence : si un programme entretient un lien, même lointain, avec ces matières, le Département de l’Énergie peut tout classifier indépendamment de tout décret présidentiel.
Burlison : C’est extrêmement difficile, et rien que s’y retrouver a été presque impossible ; c’est pourquoi nous avons embauché David Grusch à temps partiel au bureau, en fait plutôt comme consultant pour nous indiquer quelles pierres soulever.
Gerb explique l’architecture du D.O.E. :
Gerb : S’il existe une infrastructure capable d’héberger et de garder secrète une telle technologie, c’est bien le Département de l’Énergie. D’après ce que je comprends des programmes de récupération et d’exploitation des PAN, le Département de l’Énergie est impliqué à tous les niveaux, non seulement en raison des systèmes de classification, mais aussi parce qu’il existe des éléments du DOE et de son agence subordonnée semi-autonome, la NNSA (National Nuclear Security Administration), dont beaucoup de gens ignorent l’existence. Je suis sûr que peu de gens savent que le DOE dispose de sa propre agence de renseignement, l’OICI (Office of Intelligence and Counterintelligence). Le DOE dispose de sa propre unité de transport qui serait, en théorie, parfaite pour acheminer du matériel lié aux PAN à travers le territoire continental des États-Unis. Elle s’appelle l’OST, l’Office of Secure Transportation. De plus, le DOE et la NNSA possèdent leurs propres FFRDC, les Centres de recherche et de développement financés par le gouvernement fédéral. Il s’agit des laboratoires nationaux que nous connaissons tous : Sandia, Los Alamos, Lawrence Livermore et Oak Ridge, sur le complexe Y-12.
Un historique de la divulgation dans les années 1990
Gerb replace le débat dans une perspective historique, soulignant que les efforts d’investigation ne datent pas d’aujourd’hui.
Gerb : Je repense à Dick D’Amato, qui occupait un poste de haut niveau au Sénat au milieu des années 90. Il s’est en effet rendu dans certains lieux tristement célèbres. Je crois qu’il s’est rendu à la Zone 51 pour tenter d’étudier ce sujet et qu’on lui a fait visiter les lieux pour lui montrer des choses au hasard, en guise de consolation.
Je repense également à J. Andrew Kissner, représentant de l’État du Nouveau-Mexique, qui a presque joué le rôle d’un proto-David Grusch. Au début des années 90, Kissner a commencé à interroger de nombreux témoins directs au sein de ces programmes, issus de l’ancien Commandement principal de l’armée de l’air, du Commandement des systèmes de l’armée de l’air, du Bureau de recherche navale, du Conseil de recherche et de développement, etc. C’est en fait ce qui a déclenché l’enquête de Stephen Schiff sur Roswell avec le Bureau général de la comptabilité, alors que l’armée de l’air était censée avoir perdu tous les dossiers sur Roswell.
Gerb qualifie ensuite l’AARO de “piège à informations précieuses sur les phénomènes aériens inexpliqués”, un piège destiné à capter les informations valables sur les PAN et les lanceurs d’alerte, et propose de s’intéresser à l’USDI et à Ronald Moultrie, qui a contribué à fonder l’AARO.
L’expérience personnelle de Burlison : visites de sites et pressions institutionnelles
Nate Lucas : Quand on se penche sur cette question, on constate que les agences avec lesquelles vous travaillez vous ont sans doute donné des résultats mitigés : elles vous ont peut-être accordé quelques miettes ici et là, vous menant en bateau, mais quelle a été votre expérience globale ?
Burlison : Ça a été difficile au début. C’est devenu plus facile avec le temps. Et je pense que grâce à mon approche et à ma constance, ils se rendent compte qu’ils ne peuvent pas continuer à m’ignorer. Mais aussi parce que je leur répète sans cesse que j’essaie de faire cela parce que j’aime ce pays. Et je veux protéger ce pays. Et je pense qu’il est important que nous soyons transparents envers le peuple américain sur les sujets qui le justifient. Et puis, pour ce qui menace réellement notre sécurité nationale, je suis tout à fait favorable à ce qu’on la protège aussi.
On m’a donné l’autorisation de visiter un site, voire plusieurs sites potentiellement. J’en ai déjà visité un, je prévois d’en visiter au moins trois autres. Et, vous savez, on va peut-être me faire faire le tour d’honneur et m’emmener à la cafétéria ou ailleurs, mais au moins je peux faire ma part et essayer de faire tout ce que je peux pour me rendre sur ces sites et voir ce qu’il y a là-bas. Et de plus en plus de lanceurs d’alerte viennent nous voir tout le temps. Je pense donc que ça commence à se dénouer. Je le pense vraiment.
L’énergie : le cœur du secret
Le présentateur soulève ensuite la dimension peut-être la plus vertigineuse du sujet : si ces objets fonctionnent sans carburant visible, planent indéfiniment et accélèrent sans produire de chaleur, alors la technologie qu’ils utilisent serait en mesure de révolutionner l’ensemble du modèle économique mondial.
Nate Lucas : « Cela signifierait qu’ils utilisent un système énergétique fondamentalement différent de tout ce qui est connu du grand public. Certaines personnes pensent à juste titre que notre technologie de pointe est… C’est cela qui est caché. »
Burlison : « Oui. Et que notre technologie de pointe a environ 30 ans d’avance sur ce que nous considérons comme réel ou à la pointe de la technologie. »
Ce que Burlison a vu de ses propres yeux
Nate Lucas : Quel est le témoignage le plus convaincant ? Je sais que vous ne pouvez pas tout révéler car certaines informations sont classifiées, mais je me demande simplement s’il y a quelque chose que vous savez ou que vous avez entendu et qui permettrait de convaincre le peuple américain.
Burlison : J’ai vu des vidéos d’objets. Je ne peux pas vous dire exactement ce que c’est. Et je dis ça parce que je ne sais pas ; je dis que je les ai vus et que je ne peux pas dire ce que c’est. Et les personnes qui les ont filmés ne le pouvaient pas non plus. Mais c’est quelque chose de complètement fou. Vraiment, vraiment, vous savez, ça défie toute logique, la façon dont ils fonctionnent.
Ce que l’on voit souvent, ce sont ces sphères lumineuses. Elles ressemblent à des boules de plasma qui semblent immobiles. Et puis parfois, elles se déplacent à des vitesses incroyables. Je ne sais donc pas ce que c’est. Et je ne pense pas que nos services de renseignement sachent ce que sont ces choses.
Chantage, intimidation et protection des lanceurs d’alerte
Nate Lucas : L’un de vous deux adhère-t-il à l’idée selon laquelle l’une des raisons pour lesquelles nous ne parvenons pas à obtenir une transparence totale tient à ces réseaux de chantage au sein desquels des personnes occupent des postes de manière permanente, et où ces informations sont utilisées contre elles pour empêcher qu’elles ne soient divulguées ?
Gerb : Eh bien, je le pense vraiment. Les figures de proue de ces programmes ne sont pas un président. Ce ne sont pas des élus. Ce sont des individus qui ne sont pas des employés temporaires, ni des fonctionnaires non élus. Je pense aux hauts fonctionnaires au sein des forces armées américaines, et ces individus peuvent rester à leur poste pour une durée indéterminée.
Ainsi, les gardiens des secrets, si l’on peut dire, peuvent rester au pouvoir sans partir et peuvent également intimider et menacer les autres pour les empêcher de divulguer des informations ou de dénoncer des faits. J’ai personnellement parlé à des personnes dont la pension a été menacée parce qu’elles avaient manifesté de l’intérêt pour le sujet. D’autres ont affirmé avoir été menacées de poursuites pour des délits très explicites si elles décidaient de divulguer certaines de leurs connaissances sur les programmes PAN. Il semble donc exister une structure d’intimidation et de harcèlement très importante utilisée pour empêcher les gens de s’exprimer à ce sujet.
Burlison : Oui, nous avons la loi sur la divulgation des PAN (UAP Disclosure Act) et elle contient des dispositions sur la protection des lanceurs d’alerte. J’espère que nous pourrons l’intégrer dans le texte de base de la loi sur l’autorisation de la défense nationale avant qu’elle ne quitte la commission. C’est mon objectif. Et donc, la seule façon de la supprimer serait de l’en retirer et de proposer un amendement. Et je ne vois tout simplement pas les démocrates voter pour cela. Et je pense que la plupart des républicains ne soutiendraient pas cela non plus.
Donc je pense que si nous parvenons à l’y inclure, cela restera. La question est : le Sénat laissera-t-il cela en place ? Et ce que nous avons constaté, c’est que certains sénateurs, ou certains bureaux du Sénat, semblent opposés à l’idée de laisser d’autres commissions ou d’autres personnes empiéter sur leur territoire. Et c’est regrettable, car souvent, ici, c’est une guerre de territoire. »
Il ajoute, sur le caractère bipartisan de la question : “« Je viens d’assister aujourd’hui à une réunion d’information sur ce sujet dans une salle de briefing sécurisée (SCIF) avec des démocrates et des républicains qui étaient tous présents parce que ce sujet les intéressait. C’est sans doute l’un des sujets qui fait l’objet du plus grand consensus entre les deux partis ici. »
Fox News, 30 mars : le sujet sort de l’ombre
Quelques jours après le podcast, le sujet franchit un nouveau cap médiatique. Le 30 mars, Burlison est l’invité de Fox News pour un entretien à plusieurs voix, face à trois présentatrices. Le ton change : on ne parle plus seulement de classification ou de labyrinthes administratifs. Des noms surgissent, des morts suspectes, des pressions qui broient des individus. Le dossier PAN, jusque-là cantonné aux cercles spécialisés et aux auditions du Congrès, entre dans le débat grand public.
L’entretien tourne autour de trois axes : le sort troublant de personnalités liées au dossier, la nature réelle de la technologie observée, et l’étendue de ce que le gouvernement dissimule et pourquoi.
Des destins qui inquiètent
Burlison ouvre sur une note grave. Le cas du Général McCasland illustre à lui seul la pression qui s’exerce sur ceux qui gravitent autour de ce dossier. Il évoque également Monica Reza, qui a travaillé sur un projet financé par l’État concernant un superalliage utilisé dans les fusées sous la supervision de McCasland, disparue lors d’une randonnée dans des circonstances pas encore élucidées. Mais ce qui retient davantage l’attention du Congrès, c’est encore un autre cas.
J’ai entendu parler d’autres personnes. Nous avons déjà envoyé une lettre dès mon arrivée. J’ai entendu dire qu’un autre homme – dont je tairai le nom par respect – avait envoyé une lettre au FBI pour enquêter sur le suicide suspect d’une autre personne qui avait travaillé aux côtés d’autres lanceurs d’alerte comme David Grusch et Jake Barber, qui s’étaient manifestés. Leur collègue s’est donc suicidé dans des circonstances mystérieuses. Nous avons déjà envoyé la lettre au FBI pour qu’il enquête là-dessus, et l’enquête est en cours.
Présentatrice : J’ai regardé un documentaire intitulé Age of Disclosure. Ceux qui l’ont vu savent que les lanceurs d’alerte qui parlent de l’activité des ovnis et des extraterrestres craignent des représailles, des sanctions, peu importe, pour avoir révélé cette activité extraterrestre. Dans quelle mesure cela vous préoccupe-t-il ? Ce ne sont peut-être pas les extraterrestres eux-mêmes qui agissent ainsi, mais quelqu’un qui cherche peut-être à faire taire ces personnes ?
Burlison : C’est également ma préoccupation. Écoutez, mettons de côté le sujet des extraterrestres venus d’une autre planète. Il existe clairement une technologie extrêmement avancée. J’ai vu des vidéos, nous avons reçu de nombreux rapports, et des pilotes ont rencontré ces objets. Il existe un type de technologie tellement de pointe et avancée, qu’elle soit détenue par une entité étrangère ou par un entrepreneur privé aux États-Unis. Ce qui est clair, c’est qu’il faut déployer beaucoup d’efforts pour garder le secret de cette technologie très bien gardé. Et donc, nos adversaires déploient probablement beaucoup d’efforts pour essayer de découvrir de quoi il s’agit.
Les fichiers, les caméras et la liste de Burlison
La troisième présentatrice soulève deux points distincts : le cas de Monica Reza, scientifique dont le brevet sur un superalliage a conduit à une transaction de 4,7 milliards de dollars avant sa disparition, et la déclaration de Christopher Mellon, ancien secrétaire adjoint à la défense sous Clinton et Bush, qui a confié à la presse que le gouvernement fédéral détiendrait une quantité stupéfiante de photos et vidéos. Pourquoi les cacher ?
Burlison : Je ne sais pas pourquoi ils ont gardé cela secret pendant si longtemps. Bon nombre de ces vidéos classifiées ont été filmées à l’aide d’une technologie dont nous ne voulons pas que nos adversaires sachent que nous sommes capables de nous en servir. En d’autres termes, les caméras elles-mêmes sont hautement classifiées. Et c’est pour cette raison que nous ne voulons pas diffuser ces images.
Cela ne signifie pas pour autant que le Congrès ne devrait pas pouvoir les consulter, c’est pourquoi j’ai adressé une demande officielle au bureau de Tulsi Gabbard, au ministère de la Défense, au secrétaire d’État et au ministère de l’Énergie afin de pouvoir consulter ces dossiers. Et j’ai une liste d’environ deux à trois douzaines de ces dossiers.
Je suis en contact avec d’autres lanceurs d’alerte. D’autres dossiers vont suivre. Nous avons des personnes à l’intérieur qui surveillent, suite à notre demande, si ces fichiers ont été déplacés, s’ils ont été supprimés ou modifiés de quelque manière que ce soit pour éviter cela. Nous sommes donc sur la piste et nous espérons que le Congrès pourra au moins nous permettre de visionner ces vidéos et de donner un aperçu de la situation au peuple américain.
Une conviction qui dépasse le politique
Interrogée sur la portée potentielle de ces découvertes, une présentatrice demande si Burlison pense qu’il pourrait y avoir davantage que ce que l’on imagine.
Burlison : C’est ce que nous sommes en train d’examiner. J’essaie de comprendre ce qui se passe. Qu’est-ce qui vole réellement dans notre espace aérien ? Qu’est-ce qui survole certaines de nos bases militaires ou certains de nos sites de silos à missiles ? De nombreuses activités ont été signalées et documentées. Et il est important que nous identifiions et comprenions ce qui se passe.
Ce que j’ai clairement indiqué, c’est que si je découvre que nous ne sommes pas seuls dans cet univers, ce n’est pas quelque chose qu’un politicien ou un gouvernement devrait cacher à l’humanité. Ce n’est pas top secret et cela ne devrait pas l’être. Mais toute technologie de pointe qui assure notre sécurité est probablement quelque chose que nous devrions préserver et protéger.
Ce que nous apprenons
Ces deux entretiens, malgré leurs formats différents, pointent dans une même direction et permettent de dégager quelques lignes claires.
Burlison et Gerb posent, au fond, une question simple : à qui appartient l’information ? Tant que le Département de l’Énergie peut classifier à sa guise, tant que l’AARO capte les lanceurs d’alerte sans rendre de comptes, et tant que des sénateurs s’opposent à l’UAP Disclosure Act, la réponse reste la même qu’elle l’a toujours été : à personne, et à tout le monde sauf au public.
La résistance à la divulgation exerce une pression réelle sur des individus réels. Suicides suspects, disparitions non élucidées, retraites menacées, intimidations explicites : ce que décrivent Burlison et Gerb n’est pas une théorie abstraite, c’est une liste de noms et de lettres envoyées au FBI.
Burlison lui-même a vu des choses. Pas des preuves d’extraterrestres, mais des vidéos inexplicables, des objets dont ni lui ni les services de renseignement ne peuvent rendre compte. Ce n’est plus un élu qui relaie des témoignages : c’est un témoin de premier rang.
Enfin, on mesure l’ampleur du chantier législatif en cours. L’UAP Disclosure Act existe, des demandes officielles ont été envoyées, des gens à l’intérieur du système surveillent si les fichiers bougent. La mécanique est en marche. Ce qui a changé, c’est peut-être simplement ça : un élu continue de se présenter aux portes, site après site, refus après refus, et il le fait désormais en direct sur Fox News. L’obstruction a beau rester systématique, elle n’est plus silencieuse.
Quelques semaines plus tôt, lors du podcast d’UAP Summit avec Matt Ford, le représentant Burlison livre un entretien légèrement plus technique, où il aborda d’autres sujets, plus terre-à-terre mais tout aussi percutants.
Le vide de détection : une infrastructure construite pour voir autre chose
Avant les lanceurs d’alerte et les labyrinthes administratifs, il y a un fait plus simple, presque mécanique. Les États-Unis ne disposent pas des outils pour détecter ce qu’ils prétendent ne pas voir.
« Nous avons mis en place un système principalement conçu pour identifier les adversaires étrangers, les avions et les avions de chasse, les systèmes de missiles, bref, tout ce que nous sommes en mesure de détecter, et l’ensemble de nos moyens a été développé en fonction de cela. Malheureusement, les phénomènes aériens non identifiés (PAN) ne font pas partie des éléments pour lesquels nous avons développé ces moyens. »
L’affaire des ballons chinois est moins une anomalie qu’une démonstration. Ils n’avaient pas été repérés parce que personne ne cherchait un ballon. Ce que la communauté PAN observe depuis des décennies s’inscrit dans le même angle mort structurel : pas uniquement un secret volontairement gardé, mais une réalité que l’appareil de surveillance américain n’était tout simplement pas configuré pour enregistrer.
L’infrastructure critique : des incursions documentées, des réponses absentes
Le problème de détection prend une autre dimension quand on le pose sur une carte. Les signalements d’incursions ne se concentrent pas sur des zones vides : ils se répètent régulièrement au-dessus des sites nucléaires, des bases militaires, des installations de stockage de gaz naturel souterrain.
Ils sont très inquiets, c’est pourquoi je pense que les dispositifs de surveillance dont nous disposons sont déjà installés à ces endroits, mais nous pouvons faire bien plus encore.
L’aveu est précis : les agences concernées reconnaissent en interne une menace réelle. Ce qui leur manque, c’est la capacité d’y répondre, voire même de décrire précisément ce qu’elles voient.
La sécurité aérienne : Ryan Graves et les quasi-collisions
L’audition de Ryan Graves devant la commission de surveillance de la Chambre a cristallisé quelque chose que les pilotes militaires et commerciaux décrivaient depuis des années sans canal officiel pour le faire. Burlison en tire une conclusion directe sur la sécurité du trafic aérien.
On s’inquiétait sérieusement de la survenue d’incidents évités de justesse impliquant des objets non identifiés qui survolaient la base militaire. J’ai moi-même vu une vidéo… un avion est en train d’atterrir, il filme un autre avion à l’horizon, et on voit trois objets filer à une vitesse incroyable entre ces deux avions. Ces objets n’ont pas été identifiés, mais c’est extrêmement troublant de voir une telle chose.
La FAA n’a aucun mécanisme formel pour que les pilotes commerciaux signalent des PAN. Leurs observations sont redirigées vers des organismes civils qui n’ont ni autorité ni ressources pour en faire quoi que ce soit. Le résultat est une accumulation de données perdues et de témoins qui se taisent par peur des conséquences professionnelles.
La guerre des territoires : pourquoi le DHS est absent
Là où le Department of Energy verrouille par la classification, le Department of Homeland Security, lui, est simplement absent par défaut. Burlison met un nom sur le problème.
« Ce que j’ai appris sur le gouvernement fédéral au cours de ces trois courtes années passées au Congrès, c’est que tout est une question de territoires et de prérogatives. »
Le Pentagon s’est approprié le dossier PAN. Le DHS, pourtant le département américain à avoir diffusé le plus de vidéos de PAN, et dont la mission statutaire couvre pourtant la protection de l’espace aérien intérieur, les frontières, les infrastructures critiques et la sécurité de l’aviation civile, n’a jamais été invité à la table. Les programmes à accès spécial ne sont pas partagés entre agences.
Burlison identifie un début de solution : l’Executive Office for Unmanned Aerial Systems, déjà existant au sein du DHS, pourrait servir de point d’ancrage à cette mission. Mais pas sans autorisation du congrès ni ligne budgétaire dédiée.
Spoutnik
Si la menace vient de Chine ou de Russie, le cadre change entièrement. Burlison pose l’hypothèse sans détour.
Si nous devions confirmer que ce qui se passe dans notre espace aérien relève d’une technologie chinoise capable de réaliser des choses dont nous sommes incapables, cela constituerait une crise d’une ampleur comparable à celle du Spoutnik, à laquelle nous devrions faire face. On est donc en droit de se demander : s’agit-il d’une intelligence non humaine ?
La formulation est délibérée. L’alternative posée n’est pas entre le connu et l’inconnu : elle est entre une humiliation stratégique vis-à-vis d’un adversaire humain, et quelque chose que le renseignement humain ne parvient pas à expliquer. Les deux options sont également déstabilisantes, pour des raisons différentes.
La mécanique législative et le manque de temps
L’UAP Disclosure Act, qui est modelée sur la loi ayant conduit à la publication des archives JFK, se heurte à une contrainte que Burlison décrit avec une précision inhabituelle pour un sujet aussi peu médiatisé.
Il faut obtenir l’accord des quatre membres de la commission des forces armées de la Chambre des représentants et de son équivalent au Sénat, des quatre membres de la commission du renseignement et de son équivalent au Sénat, ainsi que de la commission de la sécurité intérieure et de son équivalent. Cela devient extrêmement compliqué.
Il fait référence à trois commissions, dans les deux chambres. Douze acteurs a minima, dont chacun peut bloquer le processus. La session dernière, l’amendement n’est pas passé en commission des règles côté Chambre, et n’a pas été intégré au NDAA côté Sénat. La fenêtre s’est fermée faute de temps, non faute de votes. Ce que Burlison a obtenu, c’est que les présidents de commission reconnaissent désormais le sujet.
Tu as ouvert le débat, et nous sommes désormais tous plus ou moins au courant de la question. À l’avenir, tu auras bien plus de chances.
L’avocat Danny Sheehan a depuis revu le texte. Le langage a été précisé. La clause sur l’expropriation reste dans le projet, légèrement reformulée.
L’affaire des drones de 2019
L’hiver 2019-2020 est un moment symbolique. Pendant plusieurs semaines, des drones de grande taille, volant en formation nocturne au-dessus du Nebraska et du Colorado oriental, ont saturé les lignes d’urgence locales. Des dizaines de shérifs et de leurs adjoints en ont été témoins directs. Le FBI, le DOD et la FAA ont ouvert des enquêtes. Puis les drones ont disparu, et le téléphone à Washington cessa de sonner.
Lorsque cette vague s’est calmée, c’était comme si les lignes téléphoniques à Washington s’étaient tout simplement coupées. Ils ne recevaient plus aucune réponse du ministère de la Défense ni du FBI.
La durée de cet épisode correspond presque exactement à celle des incursions de Langley. En 2026, les agences concernées traitent publiquement les vagues de drones comme un phénomène nouveau. Burlison pose la question que cela implique : si ce n’est pas nouveau, pourquoi le présente-t-on comme tel ?
Trump comme levier : la stratégie de la pression publique
L’argument final de Burlison est moins institutionnel que politique, et peut-être plus lucide que tout le reste. Les alliés existent à l’exécutif - Gabbard, Rubio, Vance. La volonté politique, elle, doit venir du président. Et le président a, selon Burlison, une caractéristique que ses prédécesseurs n’avaient pas.
Je ne pense pas qu’on ait jamais eu une meilleure occasion qu’aujourd’hui d’avoir un président qui ne doit absolument rien aux services de renseignement. Et franchement, si le peuple américain le souhaite, je pense qu’il en ferait une priorité.
La stratégie est explicite : rendre le sujet suffisamment visible dans l’espace médiatique pour qu’il entre dans le champ de vision d’un président qui, par nature, réagit à la pression du peuple. Utiliser cette versatilité à bon escient, pour la liberté de l’information, semble être le chemin à prendre.




